Comme promis je reviens te parler par ici du son et lumière auquel j’ai participé dans une cathédrale. Parce que dans mon Classique : Coulisses et Couacs précédent, je t’ai parlé grosso modo du contexte, mais je ne t’ai pas raconté comment ça s’est passé. Alors on y est, je te raconte les coulisses de cette énorme production !
Tout commence bien, ou presque
D’abord c’était tout beau tout rose. Enfin presque, parce qu’à la répétition générale, on s’est aperçu qu’on n’entendait pas du tout la bande son de la même façon dans notre salle de répétition et dans la cathédrale. Eh oui, problème d’acoustique ! Et du coup certains repères que nous avions pour les départs ou pour trouver des notes ne s’entendaient pas du tout !
La production a dû renforcer certaines choses sur la bande son un peu à la dernière minute, mais faut reconnaître que ça n’était pas hyper rassurant. En suite l’avant première avec toutes les huiles du coin et la presse locale s’est bien passée. Les représentations suivantes aussi. Jusqu’à la fois fatidique où le clic nous a lâché. Eh ouais.
Quand le clic disparaît, c’est le chaos !
Je t’ai expliqué dans le billet précédent que le clic, c’est le métronome dans l’oreille du chef qui lui permet de caler sa battue (et donc le chœur) sur la voix enregistrée, et surtout sur la bande son qui est en dessous. Et si tu perds le clic ben … quand il y a des grandes nappes sonores, tu n’as aucun repère pour savoir quand il faut partir. Pratique, hein ?
En plus il y avait une voix soliste à deux trois moments de la production ; elle partait dans ses solos sans repère de note avant, parce que le repère était dans le clic. Bon ben donc là, aucun moyen de savoir quelle est la note que tut dois chanter. Re-pratique ! Et quand en plus le chœur se base sur la note de la soliste pour savoir quelle note li même doit chanter, bah ça peut vite se terminer en catastrophe … Re-re-pratique !
Répétition ou pas, le stress est réel
Heureusement, ça n’était pas la première fois que nous le chantions, ni que le chef dirigeais le spectacle ; donc on avait quand même quelques repères, et ça a limité la catastrophe. N’empêche que c’était chaud ! Ça nous est arrivé trois fois d’avoir le clic qui flanche ou un problème dans la diffusion de la bande son.
Une fois, il a même fallu recommencer le spectacle depuis le début (on n’en était qu’à la troisième minute donc ça va, mais ça casse un peu la magie d truc). En fait c’est arrivé les deux premières semaines à chaque fois que la production passait de la bande son complète, à la bande son avec orchestre.
La bande son avait ses humeurs…
Je t’ai expliqué qu’il y avait des soirs où on chantait avec un orchestre. Ces soirs-là, la bande son est différente car elle ne comporte pas toutes le pistes de la bande son complète (typiquement les instruments, qui sont joués pour de vrai de vrai). En gros il restait dessus la voix qui raconte l’histoire de la cathédrale, et quelques sons…
Eh ben les premières fois où on a fait la bascule entre les deux bandes sonores, ça buggait à chaque fois. La loose totale. Heureusement les technicos ont fini par trouver d’où venait le problème, et ça s’est réglé.
Succès du spectacle = triple dose de fatigue
Le deuxième problème qu’on a rencontré, c’est qu’on a été victime du succès du spectacle. Avant de faire les prolongations, la production a décidé de rajouter un troisième spectacle dans la soirée. Donc toi petit chanteur, tu arrives à 18h30 pour faire ta chauffe tranquillou. Premier show à 19h20, deuxième à 21h, troisième à 22h20. Tu plies bagages vers 23h30 et tu as passé ta soirée là-bas.
Alors quand tu ne fais que ça, ça va ! Mais quand tu as un deuxième métier en plus et qu’il faut se lever le lendemain, ça pique. Surtout quand tu fais ça plusieurs soirs d’affilé, pendant quelques semaines ! Avec un petit détail : c’est un spectacle son et lumière. Donc, comme pour un feu d’artifice, il faut qu’il fasse nuit. Alors pas besoin qu’il fasse aussi sombre, parce que là on est dans un bâtiment. M’enfin suffisamment pour devoir repousser l’heure du premier show (et donc des suivants …) quand on est arrivé en avril/mai. Là, il nous est arrivé de terminer le dernier spectacle à minuit passé. Quand je te disais que ça piquait !
Malgré tout, une production magique
Je râle, je râle, mais dans l’ensemble c‘était quand même une superbe production. Les arrangements musicaux n’étaient sans doute pas les meilleurs du monde (tu vois, je continue !), mais la musique n’était qu’un support pour venir regarder les lumières, les vrais stars de la soirée. Donc j’arrête de râler, je te laisse regarder les photos pour te prouver à quel point c’était beau, et moi je vais me coucher !