Si l’acte I du Barbier de Séville de Rossini ressemblait à un premier round bien malin, l’acte II, c’est le deuxième round façon opéra-comédie : les déguisements montent d’un cran, les cachettes fleurissent et les mensonges sont servis avec un sourire en coin. Ajoute à ça un notaire, un mariage précipité, une fuite nocturne… et tu as tous les ingrédients pour un final explosif (mais toujours bouffe). Prêt à plonger dans ce capharnaüm romantique ? C’est parti pour l’acte II, où le Barbier de Séville prend tout son sel !
Un prof très spécial pour une leçon pas comme les autres
Le rideau se lève sur Bartolo, encore fumant de colère, qui rumine l’incident avec le soldat suspect (aka Almaviva version militaire). Mais pas le temps de digérer que « Alonso » entre. Alonso, soi-disant élève de Don Basilio, vient donner sa leçon de musique à Rosine. Problème : Alonso est encore une fois Almaviva déguisé, parce que ce Comte a plus de costumes qu’un théâtre entier !
Bartolo se méfie, évidemment. Mais Almaviva sort sa carte maîtresse : le billet doux écrit par Rosine. Il prétend l’avoir intercepté par erreur, et suggère de s’en servir pour calomnier Almaviva lui-même. Et là, magie : Bartholo reconnaît les méthodes crasses de Don Basilio et accepte ce nouveau professeur avec le sourire du parano flatté !
La leçon de chant peut enfin commencer. Rosine, ravie, donne de la voix. Et Bartholo ? Il s’endort presque sous l’effet des vocalises. Pendant ce temps, les amoureux s’échangent des apartés sucrés comme des madeleines, bien planqués entre deux notes de musique. Bref, la tension romantique monte.
Quand Figaro taille des barbes et des plans
C’est le moment que choisit Figaro pour entrer à son tour, prétextant une petite coupe de barbe pour le bon docteur. Mais on commence à connaître l’animal : pendant qu’il fait semblant de raser Bartholo, il en profite pour lui voler la clé du balcon. Classique mais efficace.
Mais voilà que le vrai Don Basilio débarque, l’air en pleine forme. Oups. Bartholo est surpris, Rosine aussi, Figaro panique, mais Almaviva reste zen. Comment calmer le jeu ? Avec une bonne vieille bourse bien garnie.
Ni une, ni deux, Figaro glisse le petit trésor dans les mains de Basilio. Il lui explique qu’il est très, très malade, et que le mieux serait d’aller se coucher tout de suite. Basilio, qui n’a pas trop de principes mais un bon instinct de survie (et d’argent), acquiesce et disparaît.
La barbe pas encore taillée, Bartholo surprend des murmures très suspects entre Rosine et son soi-disant prof de chant. Et là, fini de rigoler : il explose, met tout le monde à la porte, et décide d’épouser Rosine immédiatement. Il fait venir un notaire, sûr de pouvoir sceller le deal avant que d’autres surprises ne surgissent.
Le notaire, le chantage et la bague au doigt
Il tente aussi une manœuvre tordue : il montre à Rosine le billet doux qu’elle avait écrit à Almaviva, en lui faisant croire qu’elle a été trompée par un imposteur. Rosine, dévastée, croit la ruse et accepte, résignée, de se marier avec Bartholo.
Sauf que… surprise ! Figaro et Almaviva reviennent, grâce à la clé subtilisée plus tôt. Rosine commence par repousser Almaviva, pensant toujours avoir été dupée, mais le Comte lui révèle enfin sa vraie identité. Et là : soulagement, amour, embrassades et projets de mariage immédiat !
Envoyé cherché par Bartholo, le notaire arrive pile à l’heure. Et qui l’accompagne ? Don Basilio, encore lui ! Il fait mine de résister à l’idée de marier Rosine à un inconnu, mais deux arguments très convaincants viennent le faire changer d’avis : un joli bijou de valeur (décidément, ce qu’il est vénal !), et un pistolet discret qui suggère qu’il vaut mieux dire oui que non
Basilio signe comme témoin, Rosine et Almaviva comme mariés, et hop : le mariage est scellé !
Quand Bartholo revient, tout est fini. Il découvre que le mariage a déjà eu lieu, que sa Rosine adorée s’est envolée avec le Comte, et que toutes ses précautions ont été vaines. Pas de calomnie, pas de contrat, juste une belle défaite !
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Opéra bouffe et petits bijoux musicaux
Et voilà comment tout ce bazar se termine ! Evidemment, c’est limite un happy end à la disney. Ben oui, c’est du Rossini, pas du Wagner ! Mais avant de te laisser, je te mets dans la playlist quelques conseils d’écoute de l’acte II.
On commence par le Dunque io sono le duo de Rosine et Figaro, qui est un bel exemple de ce qu’on peut faire à l’opéra bouffe. Cet air joue sur la comédie de situation.
On enchaîne avec le Buona serra qui me fait toujours mourir de rire. C’est le moment où Almaviva convainc Don Basilio (qui ne veut pas partir !) que si si, il est vraiment très malade et qu’il doit aller se reposer. Du théâtre dans le théâtre, j’adore !
Bien sûr, je te remets l’opéraen entier pour si tu as un peu de temps. Et je te rajoute même un mini bonus rigolo si tu causes un peu l’english. Enjoy !