Gioachino “Il Rossinissimo” Rossini, le turbo de l’opéra !

Tu pensais que l’unique révolution musicale du XIXᵉ siècle était le romantisme torturé à la Chopin ou la grandeur wagnérienne ? Attends de découvrir la vie de Gioachino “Il Rossinissimo” Rossini : le Mozart de la moustache, le maestro qui compose à la vitesse d’un peloton de lièvres hystériques et dont l’ironie musicale fait sourire autant que ses crescendos. Il baigne dans l’effervescence de l’opéra italien, entre Monteverdi qui posait les bases, Verdi qui élève la voix, et lui, qui fusionne tout ça en comédie pétillante. Prépare-toi pour quatre actes d’histoire baroqueuse, de drame en burrata lyrique, où amour, gloire et anecdotes marrantes se mêlent à l’aria !

L’apprentissage et la vie professionnelle : comment Rossini devint le rapide du papillon lyrique

Le gamin Gioachino naît en 1792 à Pesaro . C’était un 29 février (jour bonus, comme son talent). Fiston grandit dans un duo parental musical : papa trompettiste/tambour-major, maman chanteuse d’opéra. Dès ses 6 ans, il suit les tournées de sa mère, baigne dans la musique. Il commence à composer dans plein de registres et pour des instruments différents (violon, chant, clavecin), bien avant l’âge adulte.

À 12 ans, il a déjà six sonates à son actif, et à 14, il est à l’école de musique de Bologne, où il débute la composition plus sérieusement. À 18 ans, c’est Demetrio e Polibio, son premier opéra joué à Venise. Et là, concordance et alignement des planètes : le jeune prodige se fait un nom tout de suite.Il enchaîne avec La pietra del paragone (1812), Tancredi (1813), L’italiana in Algeri (1813), et signe des tubes partout en Italie, notamment Venise, Milan, Naples et Ferrare.

Naples devient son QG en 1815 : il y est directeur de musique des théâtres royaux. Il travaille à la chaîne : un opéra tous les six mois, ou parfois plus, sans jamais perdre le rythme. Puis, il vogue jusqu’à Paris où, entre 1823 et 1829, il enchaîne Le Comte Ory (1828), Guillaume Tell (1829) et d’autres œuvres grandioses.

En moins de 20 ans, “Il Rossinissimo” produit une trentaine d’opéras, avant de tirer sa révérence à seulement 37 ans. Il claque la porte au sommet, style flamboyant, direction salon musical et tranche de charcuterie à Paris ! Une carrière courte, fulgurante et ultra dense ; Rossini, ou le sprinter aux partitions affûtées.

Vie personnelle : amours, famille et moustache tragico-comique

Rossini, c’est ce mix improbable entre génie lyrique et hédoniste assumé. Marié jeune à la soprano Isabella Colbran, il forme avec elle un duo explosif. C’est un mariage de passion lyrique qui finit par patiner dans l’ombre. Divorcé ou séparé, mais toujours entouré de bonne chère et de bons vins. D’ailleurs, son salon parisien devient le centre du monde artistique : Liszt, Verdi, Meyerbeer, Rubinstein, Joachim… tous y passent !

Gastronome patenté, il collectionne les crus rares et signe un livre de recettes (le fameux Livre de cuisine du maestro), il collabore avec le chef Carême, et laisse même son nom à un plat, le fameux tournedos Rossini . Oui oui, du luxe bistronomique ! Il aurait d’ailleurs dit : « L’appétit est pour l’estomac ce que l’amour est pour le cœur ».

Malade, ayant perdu ses proches, il retourne à Paris en 1855. Il y retrouve un peu d’énergie, mais sa santé déclinante ne lui laisse pas de répit. Il meurt en novembre 1868 à Passy, près de Paris, entouré d’admirateurs. Plus de 4 000 personnes assisteront à ses funérailles.

Rossini : l’homme qui transformait les portées en feux d’artifice

Quand Rossini compose, il vise le tube écrit rapidement et pour pas cher. Le barbier de Séville (1816) ? L’écriture de cet opéra-bouffe se fait en moins de trois semaines, à partir d’une adaptation de la pièce de Beaumarchais, et avec une ouverture recyclée à partir de ses œuvres précédentes. La première est un fiasco monumental : huées, chat sur scène, ténor qui accorde mal sa guitare. Mais le lendemain, le sort tourne et c’est un triomphe total. Aujourd’hui certains airs, comme celui de Figaro, sont devenus cultissimes.

La Cenerentola (1817), L’italiana in Algeri (1813), Guillaume Tell (1829) avec son ouverture épique.. tout chez lui intègre le panthéon du répertoire. L’ouverture de Guillaume Tell par exemple, vit bien au-delà de l’opéra dans des films, pub et autres éléments de la pop culture.

Rossini n’est pas juste un humoriste à partitions : il renouvelle la structure de l’opéra italien, injecte virtuosité, ensembles complexes, chœurs, innovations mélodiques et rythmiques — berceau du bel canto romantique. Ses opéras sérieux (Tancredi, Otello, Semiramide) influencent Verdi, Meyerbeer, Offenbach, Wagner. Même ses œuvres tombées (temporairement) dans l’oubli sont reprises au XXe siècle et occupent désormais une place centrale dans l’opéra moderne.

En clair : Rossini a changé la musique de son temps — tu retrouves ses mélodies pétillantes dans les séries, son sens du rythme dans les pubs, et ses innovations narratives dans l’évolution de l’opéra mondial.

Liste de lecture

4 Vidéos

Anecdotes abracadabrantes : Rossini, la vie en comédie (et charcuterie)

Imagine notre « Il Rossinissimo » : moustache brillante, plume en main… et la table pleine de mets exquis à côté. Il composait littéralement entouré de truffes, pâtés, vins fins. Parce que la créativité passe aussi par le gras !

Un jour, en pleine fièvre compositrice (ou sieste, c’est selon les versions), sa partition tombe du lit où il était allongé. Il ne bouge pas pour la ramasser, non. Il lève le bras, attrape une nouvelle feuille de papier à musique et gribouille un nouveau prélude. Feignasse niveau XXL, mais génial ! Et quand un jour, quelqu’un lui demande s’il est vrai qu’il compose allongé, il répond : « Pas toujours… Parfois, je change de côté. » Voilà Rossini : un compositeur de génie, et un roi de la vanne.

A un élève devant lequel il jouait une pièce de musique semblablement discordante au piano, et qui lui aurait soufflé du bout des lèvres que cela n’était vraiment pas terrible, Rossini se serait arrêté instantanément pour les voler dans les plumes avec un sec « C’est Wagner ! ». Punchline ultime, fin du débat.

Rossini n’aime pas les répétitions, les directeurs de théâtre, ni se lever tôt. Il appelle ses dernières partitions Péchés de vieillesse, et dit que son unique regret est de ne pas avoir inventé la musique de chambre à coucher. Et quand on lui demande s’il va écrire un opéra après Guillaume Tell, il répond : « Je suis resté au sommet. Pourquoi redescendre ? » Effectivement !