Ouaaaaaais, bon, j’avoue : j’ai un peu gonflé le titre. Mais pas tant que ça, promis ! Parce que ce dont je vais te parler, c’est bel et bien une intervention scolaire autour d’un conte musical, et qui plus est, une création mondiale. Oui oui, rien que ça. Alors, certes, ça veut juste dire qu’on a joué ce morceau pour la première fois devant un public. Pas de tapis rouge ni de strass, mais quand même, c’est classe non ?
En réalité, ce que je vais te raconte ici est un chouilla (pas trop) plus sérieux que ça. En fait, c’est ma première collaboration avec des théâtreux (ouais, des acteurs de théâtre, mais c’est plus long à dire …). Allez, je t’embarque dans cette rencontre un peu spéciale et je te déballe tout ça avec moult détails !
Un conte musical, kesako ?
Avant de rentrer dans les coulisses de cette intervention scolaire avec un conte musical, petit rappel : un conte musical, c’est un conte (merci Mlle de Lapalice) raconté par des comédiens, avec de la musique live pour illustrer l’histoire. Sons d’animaux, ambiance flippante ou envolées joyeuses, la musique fait tout péter (pas littéralement, hein).
Tu connais sûrement Pierre et le Loup de Prokoviev ? Voilà, c’est ça l’idée. Et dans notre cas, on en a joué deux : un classique et un flambant neuf, fraîchement pondu par un compositeur que je connais. D’où : création mondiale. Tatatataaaa !
Des violons, des partitions et une bonne dose de boulot
Les contes sont écrits pour deux violons. Et comme je frotte un peu les cordes de temps en temps, j’ai bossé ça avec une copine violoniste. Hop, musique de chambre au programme (oui, c’est comme ça qu’on appelle les mini-ensembles de musiciens). Ne crois pas que parce que c’est pour des enfants, c’est finger in the nose. Que nenni ! Jouer une souris qui cavale à toute vitesse, ça peut être très coton techniquement parlant.
Heureusement, avec ma collègue, on se connaît. Répétitions, ajustements avec le compositeur, et zou : la partie musique était prête. Prochaine étape de cette intervention scolaire conte musical ? Faire entrer les théâtreux !
Les théâtreux débarquent !
Les acteurs, donc. Ils n’ont pas la vie facile dans ce genre de projet. Pas question de suivre leur rythme pépère : il faut coller à celui de la musique. Parfois ils causent pendant qu’on joue, parfois c’est en alternance. Il faut donc rester synchro, précis, et surtout ne pas couvrir la voix du copain. Bref, un joyeux bazar, mais bien organisé !
Et là, surprise : travailler avec des théâtreux, c’est hyper fun. Ils ont une approche ultra décomplexée de la scène, là où les musiciens (moi y compris) peuvent parfois être de vrais psychorigides. Résultat : des concerts plus détendus, sans ce stress paralysant du soliste qui joue sa vie sur scène.
Plus on est de fous…
Je te le dis : ces comédiens sont de vrais clowns (des drôles, hein, pas des flippants). Ils font rire, détendent l’ambiance, et malgré leur côté pitre, ils bossent sérieusement. Alors certes, je suis sûre qu’il existe des théâtreux insupportables, mais moi je n’ai croisé que des perles. Comme quoi, les clichés…
Le moment de vérité : l’intervention scolaire
Et voilà, on y est. Après tout ce travail, on embarque nos violons et nos histoires pour une intervention scolaire conte musical dans des écoles et des médiathèques. Durée : 30 à 45 minutes selon la taille des gnomes. Public : des enfants qui découvrent souvent la musique classique en live pour la toute première fois.
Et évidemment, ça n’est pas comme un concert de chœur avec une cathédrale remplie, ou un concert d’orchestre dans un stade bourré de monde et où en plus tu es filmée. Mais franchement, ça vaut tous les stades du monde. Moins de stress, des yeux écarquillés, et parfois des moments qui te retournent. Comme cette institutrice en REP qui m’a dit que ses élèves n’avaient jamais vu d’instruments en vrai, qu’ils avaient adoré, et qu’ils voulaient maintenant participer à un projet opéra. Là, t’as gagné. Tu sais pourquoi tu fais ça. Et ça, ça donne la patate !