Il y a quelques jours, je te parlais de Haendel, de sa vie son œuvre. Je t’avais expliqué qu’il avait beaucoup composé pour la royauté anglaise, et notamment pour faire le DJ baroque des moments de fête (en mode Water Music et Music for the Royal Fireworks). Mais je ne t’ai pas tout dit ! Je t’ai vaguement mentionné le Messie tout juste ne passant (mais qui est quand ZE gros tube du mec), mais je ne t’ai pas trop parlé du reste de sa musique religieuse. Et bien figure-toi que notre Gearginou préféré a quand même écrit la musique pour la messe du couronnement de son roi, ce qui n’est pas rien ! Et re-figure-toi, qu’il y a quelques mois, j’ai fait partie d’un ensemble instrumental qui accompagnait un chœur qui a chanté toute ça. Allez c’est parti, je t’emmène au couronnement de Georges II !
C’est pas un simple motet : Haendel sort l’artillerie pour George II
Quand Haendel compose cette musique en 1727, il ne se contente pas d’écrire un joli motet pour la messe du dimanche ! Le gars est chargé de mettre en musique le couronnement du roi George II, rien que ça. Autrement dit : un événement de taille XXL, avec toute l’Angleterre suspendue à ses orgues et à ses trompettes. Haendel, déjà naturalisé british et en mode chouchou de la cour, livre pour l’occasion les Coronation Anthems, quatre morceaux flamboyants, taillés sur mesure pour faire vibrer voûtes et cœurs patriotes.
Zadok the Priest : la BO explosive du couronnement royal
Et au sommet de tout ça ? Zadok the Priest. Une intro longue et tendue, genre « calmez-vous, ça va exploser », puis d’un coup : BAM, le chœur surgit comme un éclair, et là, c’est frissons garantis. À l’époque, les gens n’avaient ni enceinte Bluetooth ni playlists “épique et royal” sur Spotify, donc ce genre de musique, c’était une claque monumentale. Et le plus dingue ? C’est que ça marche encore !
De la chapelle à l’UEFA : quand Haendel fait vibrer les stades
À chaque couronnement depuis George II, on rejoue Zadok. Même Charles III y a eu droit, récemment. C’est devenu un rituel, un emblème sonore, une signature baroque made in Albion. Et entre nous, t’as forcément déjà entendu ce morceau sans le savoir : l’UEFA s’en est inspirée pour l’hymne de la Ligue des Champions.
Oui, ce truc ultra dramatique que tu entends avant chaque match, avec les voix célestes et l’explosion orchestrale ; ben c’est du Haendel remixé ! Le Gladiateur du Baroque a donc réussi un truc rare : écrire une œuvre liturgique du XVIIIe siècle qui cartonne encore dans les stades du XXIe. Balèze, non ?
Galères de partitions et sprint final : les joies de la prod en mode baroque
Pour en revenir à nos moutons, voilà comment s’est déroulée la production : des partitions arrivées avec un mois de retard par rapport à la date évoquée initialement (déjà, tu te dis qu’il va falloir trouver du temps à la dernière minute pour bosser tes cartons, ça sent pas bon) ; des répétitions un poil tendues parce que pas beaucoup de temps et un programme assez lourd à bosser ; la date de la répétition générale qui saute parce qu’un problème dans la réservation du lieu de concert. Bon. Pas cool.
Une ambiance au top, un lieu sublime… et des frissons garantis
Mais l’ensemble instrumental (parmi lesquels je ne connaissais que quelques personnes au début) et le chœur étaient composés de personnes vraiment très sympathiques et il y avait une super ambiance. Ça n’a l‘air de rien, mais en musique c’est comme partout : si ça ne respire pas le plaisir d’être là, ça se voit, ça s’entend, et ça ne donne pas envie. Et au final les concerts se sont bien passés, évidement. Ils avaient lieu dans un temple protestant à Paris magnifique, avec une verrière au plafond absolument superbe. Bref, une très belle expérience ! Et parce que je suis sympa, je te mets une playlist avec les Anthems (il y en a quatre en tout), et surtout le fameux Zadok the Priest (j’adoooooore cette musique, ça te fait pousser des ailes tellement c’est trippant à jouer ou à écouter) !
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