Acte IV
A la fin de l’Acte III, après plusieurs crises de jalousie violentes, Don José est parti furax pour faire un dernier bisous à sa mamounette qui est en train de mourir. C’est la fidèle Micaëla qui est venu le chercher. Mais il ne le sent pas du tout, parce qu’il voit bien que la nana pour qui il a tout quitté ou tout perdu est en train de tourner casaque et de faire des yeux doux à Escamillo le beau gosse. Et en plus, celui-ci l’a invitée à Séville pour venir l’admirer combattre le taureau dans l’arène ! Bref, ça puait carrément, et je te confirme qu ça ne va pas aller en s’améliorant !
L’Acte IV bien sur se déroule pendant les courses de Séville, où Escamillo le beau torero a invité tout le monde pour voir comme il est fort et beau lorsqu’il joute contre le taureau ! Frasquita et Mercedes, les deux copines de Carmen, sont dans la foule qui regarde passer les toreros. Elles apprennent que Don José est toujours libre (on se rappelle qu’il est hors la loi depuis qu’il s’est battu avec Zuniga pour les beaux yeux de sa bohémienne préférée, Carmen), et qu’il a bien été voir sa mère.
Carmen s’affiche, Don José fulmine : ça va mal finir
Soudain, on voit Escamillo parmi les toreros, et Carmen est avec lui. Ils s’échangent alors des serments d’amouuuur passionnés (ben oui, le mec va quand même affronter un taureau, on ne sait pas trop dans quel état il va s’en sortir, donc autant dire maintenant tout ce qu’il y a à dire !). Les filles s’approchent de Carmen et lui apprennent que Don José est dans la foule, et qu’il faut faire attention. Mais elle, elle n’en a rien à faire ; au contraire, elle dit à ses copines qu’elle n’a pas peur, et qu’elle va aller lui parler.
Face-à-face final : Don José perd pied, Carmen tient tête
Toute la foule entre alors dans l’arène. Il ne reste plus que Carmen et Don José, qui fait peur à voir. Le pauvre canard la supplie de l’aimer encore ; il lui dit qu’il va oublier leurs disputes précédentes et qu’à partir de maintenant, tout va bien se passer (mais oui bien sûûûr …), si seulement elle accepte de venir avec lui. Mais Carmen ne veut pas, elle est passée à autre chose, elle. D’ailleurs on entend la foule qui acclame le beau torero lors de sa victoire. Alors la bohémienne veut aller le rejoindre pour fêter ça avec lui. Don José s’interpose ; il l’oblige à lui dire qu’elle ne l’aime plus, qu’elle aime Escamillo ; il l’attrape, la jette au sol ; il lui dit qu’il a tout perdu pour elle, et que ça ne sera pas pour se retrouver seul comme un c**. Et pendant tout ce temps, on continue d’entendre par intermittence la foule, qui acclame Escamillo !
“Frappe-moi donc !” : Carmen provoque, José bascule
A bout de patience, Don José dit « Je suis las de te menacer. » (et las, ça ne veut pas dire « je suis ici », ça veut dire « j’en ai ras la patate !). Et Carmen, toujours provocante, ne peut s’empêcher de répondre « Et bien ! Frappe-moi donc ! ». La foule en liesse chante la victoire d’Escamillo, c’est le fameux « Toreador, en garde » dont on a déjà parlé dans l’Acte II. Et pendant ce chant de victoire, éclatant et joyeux, Don José se précipite sur Carmen, il la poursuit, et la poignarde à mort. La foule sort de l’arène et comprend le drame qui vient de se dérouler. Don José se jette sur le corps de Carmen pleurant et en confessant son crime d’une seule phrase « Vous pouvez m’arrêter … c’est moi qui l’ai tuée .. O ma Carmen adorée ! ».
Tombé de rideau, c’est fini.
Liste de lecture
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Le final de Carmen : 20 minutes de tension pure
Je ne sais pas toi, mais moi, cet Acte IV, ça me fait vraiment quelque chose. D’abord, c’est vraiment très court ; tout se déroule en vingt minutes, alors que les autres actes font plutôt le double. Il n’y a qu’une seule action : on découvre la place de Séville, Carmen va parler à Don José, ils se disputent et il la tue. Bim bam boum, terminé.
Ensuite, c’est extrêmement violent, et la plupart des mises en scène le montrent bien : Don José est rendu à sa dernière extrémité, il essaye de faire plier la volonté de Carmen, d’abord en suppliant, en se traînant à ses pieds. Mais comme ça ne fonctionne pas, il utilise de plus en plus de violence ; verbale, puis physique, jusqu’à tuer celle qu’il disait aimer (on ne fait pas ça dans la vie vraie hein ; on ne tue pas son amoureuse. Et d’abord si vraiment on l’aime, on la veut vivante, libre et heureuse, et non pas morte ou enchaînée à sa volonté).
Rideau sur le drame : la mort de Carmen en pleine liesse
De plus, l’alternance entre le chant joyeux de la foule (invisible puisque dans l’arène) et le duo infernal resté sur scène est pratiquement schizophrénique. Sans compter que le geste de mort donné par Don José se fait à un moment où l’on entend la foule joyeuse ; je te promets que ça fait vraiment un drôle d’effet, comme si cet assassinat était un moment de fête.
Et enfin, la fin (c’est le cas de le dire) est extrêmement brutale et surtout abrupte. Don José tue Carmen, il pleure sa phrase, l’orchestre joue deux accords, et c’est fini ; on éteint le plateau, puis les lumières de la salle se rallument. Cette succession ultra rapide laisse vraiment le spectateur dans un état de sidération totale. Et alors que tu essaies de te remettre du choc et de la violence, il faut applaudir et t’extirper très rapidement de tes émotions pour revenir à la vraie vie. Très perturbant !
Nota Bene : pour toutes ces raison, le conseil d’écoute pour cet acte, c’est vraiment le final. Et d’ailleurs, il ne faut pas l’écouter, il faut aller le voir, pour comprendre l’intensité de ce qui se joue. Et tant qu’à faire, je te mets aussi l’Acte IV en entier (ça commences à 40:50 et ça finit à la fin, heu heu. Tu m’en diras des nouvelles.
Fin de l’Opéra Soap : Carmen t’a retourné ? C’est normal.
C’est la fin de ce premier Opéra Soap qui te raconte (en détails !) les tenants et les aboutissants d’un opéra. J’espère que cela t’a appris des choses, ou au moins que cela t’a diverti ! N’hésites pas à me dire s’il y a des opéras dont tu as entendu parler, et que tu voudrais voir dans les prochains Opéra Soap. Ne t’inquiètes pas, si tu es à sec, j’ai quant à moi toute une liste d’œuvres à te faire partager ! Et si tu as aimé, je te conseille d’aller faire un petit tour sur le reste du blog, et de farfouiller dans les Le Classique 101, Les Rockstars du Classique, Coulisses et Couacs, et autres Le Classique on en parle ; tout cela est à disposition, toujours sans se prendre la tête !