Acte II
A la fin de l’Acte I, on avait fermé le rideau sur un canard nommé Don José, qui laissait sa Carmen de tourterelle s’échapper alors qu’il l’emmenait droit en prison parce qu’elle avait tailladé au couteau la joue d’une copine (ouais, bon, trois fois rien quoi).
On retrouve Carmen un mois plus tard dans une taverne en train de chanter et de danser avec ses copines Frasquita et Mercedes, et de se saouler avec Moralès et Zuniga (et si tu es perdu, va faire connaissance avec les personnages de l’opéra).
Nota Bene : là, le premier truc que je te conseille d’écouter (ou encore mieux, de voir ! ) c’est vraiment ce morceau de beuverie dans la taverne. Moi je le trouve grisant !
Zuniga, qui fait du gringe à Carmen (en mode « oui, je suis désolé d’avoir ordonné qu’on te mette au trou dans l’acte I, mais bon aussi tu comprends, je ne pouvais pas faire autrement, tu n’as pas été gentille quand même ! » ), lui apprend que pour l’avoir laissée s’enfuir, Don José a été rétrogradé (il est devenu simple trouffion quoi). En plus de ça, il a passé un mois en cellule sa place, et vient tout juste d’en sortir. Et là dessus, la nana (à cause de qui Don-José-le-canard a perdu son grade, son honneur et sa liberté, c’est pas rien quand même !) répond que s’il est sorti tout va bien, et retourne jouer des castagnettes. Rien à foutre du pauvre volatil !
C’est alors qu’arrive Escamillo, entouré par la foule. Les soldats l’invitent à boire avec eux, et le torero leur décrit alors à quel point il est brave, fort et courageux pour oser affronter le taureau dans l’arène (oui, il a un melon gros comme ça, et des chevilles prêtes à exploser tellement elles sont enflées).
NB : et ça, c’est le deuxième tube de Carmen, le fameux « Toreador en garde » On en reparlera à la fin de l’Acte IV.
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Puis Escamillo aperçoit Carmen, et il tombe amoureux d’elle en deux phrases comme ça, pif pouf. Comme la taverne ferme, tout le monde s’en va, sauf Carmen et ses copines. Alors le patron fait entrer Dancaïre et Remendado, qui proposent aux trois filles de les rejoindre dans leur plan de contrebande.
NB : j’adooooore ce quintette (Nous avons en tête une affaire). Non seulement les paroles sont super bien trouvées, mais en plus la musique est écrite pour qu’on entende des questions – réponses dont l’échange est très rapide et haletant. C’est assez difficile à mettre en place pour les chanteurs, mais c’est un vrai régal !
Frasquita et Mercedes sont partantes pour rejoindre les contrebandiers, mais Carmen refuse parce qu’en ce moment, elle est amoureuse de Don José et qu’elle ne veut pas partir. Mais bon, les quatre autres la connaissent : elle change de mec comme de chemise ; alors elle ne va quand même pas tout faire foirer pour ce gars-là ! En entendant Don José arriver, et en désespoir de cause, ils proposent à Carmen de l’embrigader dans leur combine ; un soldat renégat, ça peut toujours servir ! Elle accepte d’essayer, et les fait tous sortir pour se retrouver seule avec Don José.
Après trois banalités, le mec lui tape une énorme crise de jalousie parce qu’elle a chanté et dansé avec les soldats dans la soirée (tu le sens là, que ça commence à puer ?), et pour le calmer, elle lui fait un grand numéro de charme ! Au programme : chant et danse lascive accompagnés de castagnettes. Et elle y met le paquet la Carmen, à grands renforts de déhanchements, de caresses bien placées, et de vues suggestives. Mais pendant qu’elle chante, on entend le clairon qui appelle les soldats à la caserne. Ils sont chauds bouillants, et là patatras ! Don José l’arrête parce que ben tu comprends, il faut qu’il rentre.
Bon là, évidemment, comment te dire qu’elle n’est pas ravie ravie. En même temps mets-toi à sa place, ça doit être un tout petit peu humiliant. A minima vexant. Et comme c’est quelqu’un de très mesuré (nuhum nuhum), elle lui balance toutes ses affaires à la gueule pour qu’il dégage. Alors Don José attrape violemment Carmen par le bras pour l’obliger à l’écouter (euh … jalousie + colère + emportement + violence … tu sens que ça continue de puer ?). Il lui dit que ben non mais-euh, qu’il l’aim-euh, parce qu’il est quand même un canard tout coulant au fond de son petit cœur d’artichaud. Sauf qu’elle lui fait le coup du chantage en mode : tu ne m’aimes pas, d’ailleurs si tu m’aimais, tu me suivrais dans la montagne avec les contrebandiers.
Et c’est à nouveau reparti pour le grand numéro de charme, parce qu’au début, Don José il a quand même un fond pas si mauvais, il ne veut pas déserter de l’armée, ça serait la honte ! Ils sont à nouveau à deux doigts de ken, le mec a chaud, il ne sait plus comment il s’appelle, il va craquer, quand il envoie Carmen bouler brusquement pour ne pas céder. Alors colère noire de la part de la donzelle (elle n’a pas le caractère facile, hein?), qui lui balance tout un tas de noms d’oiseaux, et lui dit de se casser.
Don José est sur le point de s’en aller (avec des grands « adieuuuuuuuuux à jamaaaaaaaais ! ») quand Zuniga, qui cherche encore (!) à draguer Carmen, entre. Les deux mecs se voient, et c’est la dispute entre ces deux coqs qui veulent la même poule (on parle toujours de Carmen, hein, faut suivre). Elle appelle à l’aide. Les contrebandiers débarquent et dégagent Zuniga au bout d’un flingue. Mais comme Don José s’est battu avec lui, il ne peut plus retourner dans l’armée. Contraint et forcé (faut bien manger quand même !), il rejoint donc les contrebandiers.
On est donc à la fin de l’Acte II, le mec a déjà tout perdu dans sa vie (la gamine innocente qu’il avait promis d’épouser, sa carrière militaire, son honneur, sa liberté, son salaire, sa mère, … enfin tout quoi ! ) pour suivre la fille dont il s’est entiché. Et on a déjà assisté à une crise de jalousie, une énorme phase de dispute entre Carmen et Don José en mode « je t’aime – moi non plus », et « casse toi tu pues – mais euh Carmen euh, je t’aime euh », et des actes de violence. Bref, un cocktail déjà bien sympathique et malsain. Mais pas de panique, ça va largement empirer à l’Acte III !
Je te mets la vidéo de l’Acte II (à partir de 52:15 jusqu’à la fin) si tu as envie de le regarder en entier. Pour mieux suivre l’intrigue, n’hésites pas à mettre les sous-titres. Ils sont en anglais alors que le texte est en français, mais quand même, ça peut aider. Parce qu’on ne va pas se leurrer, la voix lyrique rend parfois les paroles difficilement compréhensibles. Du coup dans les opéras, les paroles sont affichées en même temps que le chant (ben oui, sinon on ne comprend rien, surtout quand le texte est en allemand !) ; donc pas de honte et hop ! sous-titres !