Mozart, le petit génie de Vienne

Tu connais Mozart, bien sûr. Ce compositeur ultra connu dont la vie a été racontée mille fois, mais qu’on ne peut pas oublier. Malgré tout ce qu’on pense savoir sur ce personnage aussi attachiant qu’impossible (merci au film Amadeus), la vie de Mozart mérite qu’on s’y intéresse sérieusement (ou pas trop quand même). Alors tu as décroché la timbale, voici la version Classique Rocks de la vie de Mozart, ou Petit Mozart deviendra grand !

Portrait de Wolfgang Amadeus Mozart, compositeur prodige du classicisme

L’enfant prodige, ou comment la vie de Mozart commence en fanfare !

La vie pro de Mozart débute très tôt : à trois ans, Papounet voit le don du garçon. À cinq ans, il débute le clavecin, le violon, l’orgue, la composition. À six ans, des œuvres déjà à son actif. À onze ans, son premier opéra est là. Oui, dans la vie de Mozart, précocité est le maître mot !

Ensuite, Papounet organise des tournées en Europe, avec sa fille Nannerl. Oui parce qu’il a décidé que c’était quand même dommage de ne pas profiter du talent de ses petits singes savants d’enfants. Mozart découvre alors le pianoforte, l’opéra, et la musique de Bach junior (le fils de Big Boss Bach). Plus tard, il rencontre Papa Haydn, l’auteur d’un compliment mémorable : « Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de mon âme.». Inoubliable moment dans la vie de Mozart.

Quand Mozart rime avec conflit et liberté

A 17 ans il est employé par le nouvel archevêque de Salzbourg, Colloredo. Mais celui-ci entend remettre au pas Petit Mozart et Papounet, qu’il trouve trop arrogants et beaucoup trop souvent absents. Faut pas oublier qu’à l’époque, quand on est musicos, on est employé par un protecteur et on a donc le statut d’un serviteur.

Bon et évidemment Petit Mozart, qui s’est assis sur tous les genoux couronnés d’Europe, il n’aime pas du tout ça. Il ne peut pas s’emplafonner Colloredo et leurs relations se dégradent. Quatre ans plus tard, la situation s’est tellement envenimée qu’il démissionne. Mais Colloredo lui fait le coup de non-c’est-pas-toi-qui-part-c’est-moi-qui-te-vire. Si si véridique !

Amours contrariées par le paternel

Il rencontre une chanteuse dont il tombe éperdument amoureux ; elle s’appelle Aloysia Weber. Mais cette relation rend Papounet furieux car il craint que Petit Mozart, qui vient de se faire virer, n’oublie sa carrière et foute sa vie en l’air. Du coup Petit Mozart s’en va.

Il traverse à nouveau l’Europe dans tous les sens pour trouver un poste.  Il passe notamment à Paris, qui est un échec professionnel. En plus Mamounette y tombe malade et y meure (elle y est enterrée), et c’est un véritable traumatisme pour Petit Mozart, qui se sent responsable de sa mort.

Retour à Salzbourg en mode chien battu

Comme il n’est plus un gamin qui amuse la galerie, et que tout le monde refuse d’engager un mec qui s’est fait virer sans recommandation, il enchaîne les refus. Du coup il rentre à Salzbourg la queue entre les jambes, pour récupérer son ancien poste que Papounet à sécurisé pour lui auprès du méchant Colloredo.

Pour achever le tout, il passe voir Aloysia à Munich, où il découvre que sa dulcinée est transie d’amour pour un autre… Entre sa mère, sa copine, et les déconvenues professionnelles, il ne fait pas le fier en rentrant à Salzbourg !

Tournant dans la vie de Mozart : le départ pour Vienne

Mais Petit Mozart rencontre la petite sœur d’Aloysia, Constance. Sans attendre le consentement de Papounet, il épouse la sœurette, dont il aura six enfants (mais seuls deux atteindront l’âge adulte). Évidemment Papa Mozart est furax. Et à Salzbourg, ça pète à nouveau entre Mozart et son employeur acariâtre. Ces deux-là ne peuvent pas se piffrer. Petit Mozart envoie alors balader le Colloredo, et le Papounet aussi pour faire bonne mesure.

Débarrassé de leur tutelle, il démarre une nouvelle vie à Vienne, sous la protection de l’Empereur Joseph II. Il gagne sa croûte en donnant des cours et des concerts, en composant et en publiant des partitions. L’empereur est mort, vive l’empereur Léopold II ! Mais celui-ci n’apprécie pas Petit Mozart, qui perd son poste de musicien impérial et la rente qui va avec. Ses opéras n’ont qu’un succès limité et il croule sous les dettes.

Le décès de Papounet, avec qui il ne s’était pas réconcilié, est un choc. On en retrouve des traces dans l’opéra Don Giovanni qu’il compose à cette époque là ; il paraît que la statue du Commandeur, implacable et raide de morale, de droiture et de justice, empreinte quelques traits au paternel.

Le point final de la vie de Mozart, éclatante mais trop courte

Dans les dernières années de sa vie, Petit Mozart est très souvent malade. Faut dire que sa vie de patachon joueur et festif n’aide pas à se refaire une santé, tout comme l’accumulation de dettes. La fin de sa vie est une course frénétique dans laquelle il ne pourra achever son fameux Requiem, terminé à la demande de sa femme par ses élèves. Épuisé, Petit Mozart meurt quatre ans seulement après Papounet. Il n’avait que 35 ans (mais aussi, quand on brûle la chandelle par les deux bouts, ça va plus vite …).

Il est enterré dans une fosse commune, conformément aux usages à l’époque à Vienne pour sa classe sociale. Mais aucun cortège ne suivra son cercueil ; peu apprécié en raison de son caractère et de ses idéaux contestataires, et rejeté à cause de ses dettes, il n’est pas beaucoup pleuré par Vienne.

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Pourquoi on écoute la musique de Mozart ?

Tout simplement parce qu’il est considéré comme le paroxysme du style Classique (et aussi parce qu’on trouve ça beau). Comme Big Boss Bach (mais avec la période Baroque), il est l’aboutissement ultime de ce type de compositions, et après lui point de salut ! Il clôture donc la période Classique qui évoluera avec le Monstre Beethoven vers le Romantisme.

C’est aussi un grand touche-à-tout : opéra, symphonie, musique de chambre, concertos, musique religieuse, .. tout y passe ! Et bien sûr (bien sûr, sinon ça n’est pas drôle), il excelle dans chacun de ces registres. Sa production musicale est pléthorique : en tout, des centaines d’heures de musique à écouter, composées en une trentaine d’années. Et cette musique influencera tous ses successeurs : le Monstre Beethoven bien sûr, mais aussi Schubert, Mendelssohn, Chopin, Brahms, Rossini et tant d’autres.

En attendant, vu la profusion d’oeuvres, difficile de faire des choix d’écoute ! Je te conseille néanmoins dans la playlist juste au-dessus différents types de musiques : opéra (la Flûte Enchantée, Don Giovanni), concerto (pour piano et pour claripouët), et bien sûr, messe (Grande Messe en Ut) ! Tu verras il y en a pour tous les goûts : du triste, du pathétique, du rebondissant, du tendre, du radieux ; et si ça se trouve, tu en connais même déjà certains sans le savoir !

Pouvoir de séduction, enfantillages, verlan et autres fun facts

Il paraît que Petit Mozart n’était pas un canon de beauté : blond mais pâle, maigre, le visage marqué par la petite vérole. Il était très petit : l’hormone de croissance est sécrétée pendant le sommeil, et Petit Mozart en a été beaucoup privé pendant ses tournées en Europe avec Nannerl et Papounet. Si tu rajoutes le fait que la conscience de son talent l’a rendu impertinent et impatient, et que son caractère est resté très puéril (Nannerl dit dans une de ses lettres qu’il est resté un enfant), il ne devait pas être facile à supporter … Ceci dit, il paraît qu’il était un grand séducteur !

Mozart s’appelle en vérité Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart. De ce nom à rallonge, on ne retient aujourd’hui que Wolfgang Amadeus Mozart. En fait, le prénom Amadeus n’a jamais été utilisé de son vivant ; mais dans sa période italienne, Mozart a transformé Theophilus (aimé de Dieu en latin) en Amadeo (aimé de Dieu en italien). Au delà de ce léger arrangement, Petit Mozart était carrément en avance sur son temps : il signait parfois Trazom Ganflow, c’est-à dire Wolfgang Mozart en verlan !