Les différentes périodes de la musique classique

Tu as déjà entendu parler de musique baroque, classique (ah oui!), romantique, moderne ou contemporaine ? Non ? Alors, pour compléter le foooormidable article Pourquoi la musique classique n’est pas toujours classique, je te fais ici un petit billet pour t’expliquer rapidement (on ne va pas faire un cours de musicologie quand même hein) les différentes périodes de la musique dite classique. C’est histoire de te donner quelques repères de style et d’époque, quoi. De savoir de quoi on parle, quoi. Bref ! Allez, on est parti !

Schéma coloré des périodes de la musique classique, du baroque au contemporain, pour te guider dans ce voyage sonore épique.

La musique de la Préhistoire à l’Antiquité (- ??? à 500)

Tu ne m’en voudras pas, mais je passe très très vite sur ces deux périodes. D’abord parce qu’on n’a ni trace écrite, ni (évidemment …) d’enregistrement pour savoir à quoi ressemblait ces musiques. On a retrouvé des instruments (je te conseille d’aller voir sur un moteur de recherche de vidéos bien connu, on trouve des enregistrements de mecs qui jouent sur des lithophones naturels en stalactites dans des grottes, c’est extra !), mais ça ne donne qu’une idée des sons, pas de la structure de la musique jouée. Donc voilà, exit, période suivante !

La musique au Moyen Age (500 à 1500)

A partir de cette période, on distingue la musique religieuse (ou sacrée) de la musique profane. La première est chantée par des moines en chœur a capella (c’est à dire sans accompagnement) ; ce sont des chants grégoriens (à cause du Pape Grégoire). Quant à la deuxième, on n’y mélange pas les torchons et les serviettes, aka la musique savante (à destination des nobles), et la musique populaire (pour le bas peuple, ptiou!). Mais dans les deux cas, ce sont des poètes musiciens (troubadours, trouvères et autres ménestrels) qui chantent des chansons, accompagnés d’un instrument dont ils jouent. On trouve des partitions, mais ce n’est pas le même système de notation qu’aujourd’hui. À partir du XIIè siècle, les partitions sont signées et donc on connaît le nom des compositeurs, comme Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay ou Josquin Desprez (ça se prononce comme Des Prés, ça m’a toujours fait marrer ; oui, il me faut peu de choses …)

La musique à la Renaissance (1500 à 1600)

Cette période, pour te resituer, c’est à peu près François Ier. A cette époque-là, plus besoin de voix pour faire de la musique : c’est l’essor de la musique purement instrumentale. On commence à former des ensembles d’instrumentistes, et des mini chœurs profanes (c’est quasiment les Beatles de l’époque !). Et puis on invente de nouveaux instruments, comme le clavicorde ou la viole de gambe (ancêtres lointains du piano et de la famille du violon). C’est aussi le début de l’imprimerie musicale, qui permet de diffuser les partitions partout en Europe, et de développer la musique beaucoup plus rapidement grâce aux influences des différentes cours. On y retrouve des compositeurs dont tu n’as peut-être jamais entendu parlé (en même temps, avant de passer au conservatoire, moi non plus …), tels que Roland de Lassus ou Clément Janequin.

La musique Baroque (1600 à 1750)

Ah bah là on arrive à une période que tu connais sans doute plus, avec Big Boss Bach, Vivaldi la diva, Lully (ah, Versailles …), et plein d’autres gus hyper balèzes dont on parlera dans la rubrique Les Rockstars du Classique !

En tout cas dans cette période, les instruments continuent de se développer, avec la famille des violes, le clavecin, le serpent (oui oui !), etc. C’est aussi la période de Stradivarius, le luthier (fabricant de violons et autres instruments du quatuor à cordes) le plus connu au monde !

On formalise également les genres musicaux, avec notamment les suites de danses ou la sonate. C’est la naissance de l’opéra, le genre qui devient très vite le top du top ; qui mélange le théâtre et la musique ; l’ancêtre de la comédie musicale ! Et accessoirement, pour jouer ces opéras, on invente l’orchestre, c’est-à dire la formation musicale qui rassemble plusieurs instrumentistes jouant une même œuvre. Bref ça bouge pas mal à cette époque !

La musique Classique (1750 à 1830)

Bon là, tu n’as pas le choix, tu es o-bli-gé d’aller lire le billet très complet sur Pourquoi la musique classique n’est pas toujours classique !

En France à cette époque-là c’est le chaos avec Louis XVI, la Révolution Française, le Premier Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet. Pfiou ! Mais côté musique, les Allemands (l’Allemagne n’existe pas encore en tant que telle, mais tu m’as comprise) et les Autrichiens se démènent et font avancer les choses. C’est l’époque de Haydn, Mozart et Beethoven, ouais, rien que ça ! Ils développent le quatuor à cordes, formalisent la constitution des orchestres, développent la symphonie. De nouveaux instruments apparaissent (oui, encore !) et sont utilisés dans les compositions, notamment la clarinette, le piano-forte et le forte-piano (promis c’est pas une blague ; ce sont les ancêtres très proches du piano). Cette musique est voulue comme un équilibre entre rythme et harmonie, avec une recherche de simplicité (par rapport au Baroque très rococo plein d’ornements), de naturel et d’élégance. C’est le triomphe de la raison (après tout, on est peu après le siècle des Lumières !). Et évidemment, le monstrueux Beethoven, qui fait la transition entre le classique et le romantique, va envoyer balader tout ça !

La musique Romantique (1823 à 1900)

Autre salle, autre ambiance. Avec l’influence de Beethov, fini la raison, l’élégance et le raffinement ! Bienvenue à l’ouragan des sentiments, la rage des passions et le fantastique des légendes enchantées : c’est la période Romantique ! On y retrouve un peu les mêmes caractéristiques que dans la littérature Romantique, avec des œuvres très expressives (c’est le critère de qualité n°1 à l’époque, on parle même de « peinture sonore »), dont les sujets tournent autour de la nature, du fantastique, du héro maudit.

En parlant de héro, c’est enfin l’arrivée sur scène du piano ! Et c’est l’instrument phare des compositeurs romantiques : Beethov bien sûr l’a beaucoup utilisé, mais également Chopin, Schumann, Schubert (faut pas confondre les deux chou) et Liszt. Heureusement, des compositeurs ont tout de même écrit pour autre chose que le piano-roi, avec notamment des pièces pour orchestres très impressionnantes de Berlioz, Bizet, Brahms, Mendelssohn ou Wagner.

La musique de l’époque Moderne (1900 à 1950)

Tu connais l’Impressionnisme dans la peinture ? Et ben l’époque Moderne c’est la même chose, mais dans la musique ! On cherche des nouvelles sonorités, des palettes de couleurs différentes, on représente l’eau et la lumière. En parallèle, les compositeurs s’intéressent au rythme, qui représente l’essor de l’industrialisation de l’époque. Et là on retrouve entre autres la graaaaaande école française (oui Madame) avec Debussy, Ravel, Satie, Poulenc, ainsi que d’immenses compositeurs russes comme Prokofiev, Stravinsky ou Chostakovitch.

La musique contemporaine (1950 à aujourd’hui)

Après l’époque Moderne, point de salut ! Non, blague à part, dans la musique contemporaine il y a des choses très biens, et d’autres qui font clairement grincer des dents. Mais après tout, ce n’est qu’une question de goût ! Qu’il suffise de dire que cette époque se caractérise par l’utilisation de l’informatique et de l’électronique, et que les algorithmes mathématiques sont à la base de l’écriture de certaines œuvres. C’est une approche abstraite, intellectuelle et complexe qui n’est pas toujours immédiatement compréhensible par le public. On retrouve de nombreux compositeurs, parmi lesquels Cage, Ligetti, Boulez ou Pärt.

Voilà, maintenant tu sais tout sur les différentes périodes et styles d’écriture de la musique dite classique en Occident. Si tu es curieux au sujet des compositeurs, n’hésite pas à aller faire un tour dans la section « C’est qui ça » pour aller faire leur connaissance ! Ils n’y sont sans doute pas encore tous, mais j’en ajoute régulièrement.